L’épopée de Gilgamesh et l’art mésopotamien


 

Tablette du Déluge, British Museum, photographie de Jean-Christophe Ballot

Tablette du Déluge, British Museum, photographie de Jean-Christophe Ballot

L’Épopée de Gilgamesh

Au début du Ve millénaire avant notre ère, en basse Mésopotamie, la mer se retire, libérant des terres nouvelles. La civilisation de Sumer se développe dans cette vallée des deux fleuves, entre les rives du Tigre et de l’Euphrate.

Selon la légende, Gilgamesh aurait régné 126 ans sur ces terres et fait bâtir les murailles de la ville d’Ourouk. Ce roi à la destinée fantastique devient le héros solaire de la première épopée qui nous soit parvenue.

Gravée sur des tablettes d’argile au IIe millénaire avant notre ère, puis redécouverte par hasard au milieu du xixe siècle, L’Épopée de Gilgamesh porte en elle, bien avant l’Odyssée d’Homère, les thématiques universelles de l’amitié, la perte, la quête de l’immortalité.

La recherche iconographique

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L’Institut Diane de Selliers soutient une recherche iconographique sur l’épopée deGilgamesh et l’art du bassin mésopotamien, Des réserves confidentielles des musées européens jusqu’en Irak, berceau de l’art mésopotamien, nous sommes accompagnés par Ariane Thomas, conservatrice et directrice du département des Antiquités orientales au musée du Louvre et Abed Azrié, poète, musicien et traducteur de L’Épopée de Gilgamesh en français.l’un de nos héritages culturels les plus anciens.

En exposant les plus beaux vestiges du palais de Khorsabad, le musée du Louvre fut le premier au monde à inaugurer, en 1847, un « musée assyrien ». Le département des Antiquités orientales conserve aujourd’hui plus de 150 000 artéfacts.

Au Pergamon Museum, à Berlin, une reconstitution de la fameuse porte d’Ishtar de Babylone côtoie des sceaux-cylindres et bas-reliefs du Ve au Ier millénaire av. J.-C.

Le British Museum, enfin, nous ouvre les portes de son impressionnante collection d’Antiquités orientales, riche de 300 000 pièces. Il s’agit de la plus importante au monde après l’Irak, où nous nous rendrons fin janvier pour poursuivre cette exploration de la sculpture mésopotamienne dans les sites antiques où elle a été conçue : Babylone, Our, Ourouk, Nemrod, Khorsabad et Ninive.

Une création photographique

Les œuvres identifiées seront mises en scène et immortalisées par l’œil de Jean-Christophe Ballot, photographe et sculpteur de lumière. Connu pour son intérêt pour la statuaire et son travail sur les gisants et les orants de la basilique Saint-Denis, il poursuit depuis trente ans une œuvre singulière en noir et blanc. Ses œuvres sont entrées dans les collections du musée du Louvre, du Fonds national d’art contemporain, de la Maison européenne de la photographie ou encore de la  Bibliothèque nationale de France.

Berlin, 22 juin 2021, ©Jean-Christophe BallotDétail de la porte d’Ishtar, Pergamon Museum, photographie de Jean-Christophe Ballot.

« Où vas-tu Gilgamesh ?

La vie que tu cherches

tu ne la trouveras pas.

Lorsque les grands dieux créèrent les hommes,

c’est la mort qu’ils leur destinèrent

et ils ont gardé pour eux la vie éternelle,

mais toi Gilgamesh

que sans cesse ton ventre soit repu

sois joyeux nuit et jour

danse et joue

fais chaque jour de ta vie

une fête de joie et de plaisirs

que tes vêtements soient propres et somptueux

lave ta tête et baigne-toi

flatte l’enfant qui te tient par la main

réjouis l’épouse qui est dans tes bras.

Voilà les seuls droits que possèdent

les hommes. »

L’Épopée de Gilgamesh, traduction d’Abed Azrié.