Le vitrail de l’Aube


à la lumière de la poésie de Pétrarque

 

L’Institut Diane de Selliers pour la recherche en histoire de l’art consacre un projet de recherche à un art primordial et parfois méconnu au cœur du patrimoine français, le vitrail.

À Ervy-le-Châtel dans l’Aube, se cachait une grande verrière de plus de cinq mètres de haut sur deux mètres de large constituée de six panneaux. Datant de 1502, l’ensemble de la baie reprend le thème littéraire du poème allégorique Les Triomphes de François Pétrarque rédigé en italien et achevé en 1374.

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Les Triomphes de Pétrarque reprend la tradition romaine des Triomphes : Pétrarque décrit en six chapitres le Triomphe de l’Amour sur les hommes, puis successivement de la Chasteté, de la Mort, de la Renommée, du Temps, et finalement de l’Éternité. Très diffusé dès la Renaissance le poème a donné lieu à de très nombreux manuscrits enluminés dans toute l’Europe au XVe et XVIe siècle ainsi que des tapisseries. Le vitrail d’Ervy est pourtant le seul témoignage d’une transposition de ce texte en vitrail. Il est d’autant plus exceptionnel et remarquable qu’il s’agit d’un thème issu d’un texte de nature profane repris dans un vitrail d’église.


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Malgré cette fortune iconographique remarquable, Les Triomphes semble être tombé dans l’oubli et n’a pas été traduit en français moderne jusqu’à la très récente et encore inédite traduction de Jean-Yves Masson qui permet enfin d’appréhender ce texte dans une langue vivante, contemporaine et fluide.

L’Institut Diane de Selliers a mandaté une équipe de chercheurs et de photographes pour étudier ce vitrail – son histoire, son attribution, l’évolution de sa restauration, son réseau de symboles. La restauration de l’ensemble de la baie débute à l’automne 2017 et sera suivie par une campagne photographique spécifique. L’église Saint-Pierre-ès-Liens, qui abrite Les Triomphes d’Ervy-le-Châtel, est fermée au public depuis 2001. Après restauration, les vitraux seront reposés dans cette même église à l’automne 2018.

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Dans l’optique de mettre en valeur le patrimoine artistique de l’Aube, l’Institut Diane de Selliers élargit son travail de recherche aux vitraux de l’Aube du XVIe siècle. Il contribue à la restauration ponctuelle de pièces en mauvais état, et finance une campagne photographique dans de nombreuses églises et cathédrales de cette région en utilisant un matériel de pointe, notamment un drone, afin d’obtenir des clichés de qualité inégalée.

L’équipe de recherche :

Flavie Vincent-Petit, conservatrice, restauratrice et créatrice de vitraux, co-dirige la manufacture Vincent-Petit à Troyes. À son actif, elle compte, entre autres, la restauration des vitraux de l’église de Saint-Merry et de Saint-Augustin (Paris), mais aussi des vitraux de création pour la synagogue de Troyes, ou encore des trois baies du chœur de l’église Saint-Laurent de Nogent-sur-Seine, qu’elle réalise avec la plasticienne Fabienne Verdier.

Paule Amblard, historienne de l’art et spécialiste de l’iconographie religieuse médiévale participe au projet. Elle se penche sur la signification des nombreux symboles chrétiens présents dans le vitrail d’Ervy et permet de saisir la portée spirituelle et religieuse de cette œuvre.

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Christophe Deschanel est photographe professionnel, travaille régulièrement avec la manufacture Vincent-Petit dans la mise en valeur du travail des restaurateurs et des créateurs de vitraux. Son expertise du vitrail lui permet de photographier le vitrail dans des conditions de lumières optimales.

 

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