Le Sûtra du Lotus


texte sacré et source iconographique en Asie orientale

Passionnée depuis de nombreuses années par l’Extrême Orient et par sa philosophie, l’équipe de l’Institut Diane de Selliers pour la recherche en histoire de l’art se penche sur l’un des plus grands textes du bouddhisme, Le Sûtra du Lotus. Pour des milliers d’adeptes du bouddhisme mahâyâna, dit « du Grand Véhicule », il est encore aujourd’hui le livre sacré entre tous. Ce Sûtra relate l’enseignement livré par le Bouddha au Pic du Vautour sous la forme de paraboles. Rédigé en sanscrit probablement autour de l’an 100 de notre ère, le texte a d’abord été traduit en chinois, puis vers le japonais dans un second temps. Le Sûtra du Lotus connaîtra une diffusion exceptionnelle en Asie Orientale.

peinture bouddhique

Le fidèle à qui est destiné ce Sûtra est invité non seulement à lire le texte, le réciter et le prêcher, mais aussi à le copier. Cette exhortation à la reproduction des paroles sacrées du Bouddha contenues dans Le Sûtra du Lotus a engendré un très grand nombre de représentations visuelles, la plupart du temps sous la forme d’illustrations accompagnant les manuscrits et qui reprennent la totalité ou un épisode du texte en particulier. Cette production artistique sacrée s’est manifestée dans l’ensemble du monde chinois et partout où Le Sûtra du Lotus s’est imposé dans la doctrine bouddhique, de la Chine au Japon, du Tibet à la Corée. Ces représentations picturales d’une très grande finesse sont archétypales et pourtant d’une diversité fascinante liée à la réception de ce texte dans une géographie large et une histoire longue.

L’Institut Diane de Selliers a mandaté deux chercheurs en histoire de l’art, spécialistes des civilisations japonaise et chinoise, afin qu’ils recensent les œuvres picturales du monde bouddhique d’Asie orientale directement inspirées par ce texte, produites entre le viiie et le xviiie siècle. Ces œuvres, réalisées sur des supports variés – la peinture murale, le manuscrit, la peinture sur soie, les éventails – sont dispersées dans le monde.

Certaines de ces œuvres sont conservées dans des conditions variables dans des monastères japonais et chinois souvent inaccessibles aux visiteurs. La mise en valeur de certaines peintures murales, notamment des grottes de Dunhuang en Chine, mais aussi de centaines d’œuvres disséminées dans les musées du monde entier de Taïwan, à New York ou Cologne ou en Australie, est rendue possible par la collaboration de nombreux conservateurs et collectionneurs privés. Ce travail de référencement nécessaire à l’avancée de la recherche, permettra aussi de sauvegarder ces œuvres par la reproduction. Une campagne photographique conséquente est en cours afin d’offrir au plus grand nombre la possibilité de contempler des œuvres parfois inaccessibles, vouées pour certaines d’entre-elles à la lente détérioration.

Les chercheurs

Estelle Leggeri-Bauer, professeure à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), est spécialiste de la peinture narrative japonaise et des Genji-e (peintures du Genji).

Cédric Laurent est enseignant-chercheur en Langue, littérature et civilisation chinoises, et dirige le département d’Études chinoises à l’université de Rennes 2.