La peinture vénitienne


La peinture vénitienne et Shakespeare

peinturevenitienne 

« Je jurerais que ma femme est loyale,
Et tout autant je crois qu’elle ne l’est pas.
J’estime que tu es honnête, et cependant
Je crois que tu ne l’es pas. Il me faut une preuve.»
William Shakespeare, Othello.

 

 

Aux XVe et XVIe siècles, Venise rayonne sur le plan artistique. Dans une Italie morcelée en plusieurs États, la République vénitienne gouvernée par les doges exprime son raffinement à travers sa peinture.

Sous l’influence du style gothique international puis flamand et toscan, les peintres vénitiens se démarquent peu à peu de l’art byzantin et deviennent maîtres dans l’art de reproduire l’architecture de la cité et les jeux de lumière sur la lagune. Les précurseurs, tels Giovanni et Gentile Bellini, Cima da Conegliano ou Vittore Carpaccio, s’ouvrent à un nouveau sens de l’espace et de la compo- sition grâce à leur maîtrise de la perspective. Leurs tableaux aux teintes lumineuses s’enri- chissent de nombreux détails architecturaux, urbains, et d’effets de matière, propres à illustrer cette féerique tragicomédie de la jeunesse de Shakespeare qu’est Le Marchand de Venise. Mais Giorgione, le Titien, le Tintoret ou Véronèse assombrissent leurs teintes en dramatiques clairs-obscurs souvent zébrés d’éclairs tout en approfondissant les recherches de leurs prédécesseurs dans l’art psychologique du portrait – et nous permettent d’évoquer la poignante et ténébreuse tragédie de la maturité de Shakespeare, Othello.

Sérénissime magnifiée par ces artistes de génie, Venise est le décor idéal de scènes bibliques et mythologiques, mais aussi contemporaines et profanes. Pour les amateurs de théâtre, elle est le lieu des complots, des quiproquos amoureux et des tragédies ; ainsi en est-il dans Le Marchand de Venise et Othello, les deux pièces italiennes de William Shakespeare que nous étudions en lien avec la peinture vénitienne renaissante.

Nos recherches débutent par l’exploration des principaux lieux publics de Venise comme la basilique Saint-Marc, le palais des Doges, les galeries dell’Accademia, puis s’étendront aux palais privés, très difficiles d’accès. Ni les collections des musées européens et améri- cains, ni les fonds privés ne seront oubliés. Associant sa culture à son goût pour la peinture vénitienne et le théâtre de Shakespeare, Michael Barry, professeur à l’université de Princeton et chercheur au sein de l’Institut Diane de Selliers, nous guide dans l’étude de cette iconographie d’exception.